Diane Audrey Ngako : raconter l’Afrique depuis l’intérieur

Elle a 33 ans, une vision affûtée et une énergie contagieuse : Diane Audrey Ngako fait partie de ces femmes qui déplacent les lignes sans jamais hausser la voix.
📸 : @dokoti_studio

À 33 ans, Diane Audrey Ngako fait partie de cette génération de femmes africaines qui ne se contentent plus de remplir l’espace médiatique : elles le réinventent. Entre le journalisme, l’entrepreneuriat culturel et la création d’écosystèmes, la Camerounaise née le 6 septembre 1991 à Douala, s’est hissée au rang des voix les plus originales du paysage créatif africain.

Née à Bakou, dans la région du Haut-Nkam, elle a grandi en étant élevée par sa mère avant de s’installer en France à l’âge de douze ans. Elle y a poursuivi ses études en communication au CESACOM, puis en management à l’ISEFAC, tout en développant une sensibilité profonde pour les récits qui traversent les diasporas africaines.

Une plume qui s’affirme dès le début

En 2011, elle devient rédactrice en chef du magazine français Roots, consacré aux cultures afrodescendantes. Son style d’écriture, caractérisé par sa précision et son attention aux détails subtils, attire rapidement l’attention. Elle poursuit ensuite sa carrière en intégrant l’équipe du Monde Afrique, où elle traite des transformations du continent : entrepreneuriat, flux migratoires, défis sociaux et émergence de nouvelles scènes artistiques.

En parallèle, elle obtient en 2015 un master en communication et médias et devient chroniqueuse pour TV5 Monde, dans Journal d’Afrique.

Cette période a contribué à façonner son identité professionnelle : celle d’une journaliste qui rejette les récits manichéens et qui s’engage pour une représentation authentique et nuancée de l’Afrique.

Explorer l’Afrique : un projet éditorial devenu un mouvement

En 2014, elle a lancé Visiter l’Afrique, une plateforme collaborative dédiée au tourisme africain. Cette initiative novatrice offre un regard profond et authentique sur les destinations du continent, en évitant les stéréotypes exotiques ou misérabilistes.

Le succès est immédiat : la communauté s’agrandit, les contributions affluent, et la plateforme devient un outil de promotion culturelle tout autant qu’un espace de narration collective.

De retour à Douala : passer des idées à la réalité

En l’an 2016, Diane Audrey Ngako décide de revenir dans son pays natal, le Cameroun. Ce choix, à la fois stratégique et intime, la mène à fonder, en février 2017, Omenkart, une agence de communication et de conseil en image, à Douala. L’entreprise accompagne marques, institutions et artistes dans la construction de leur identité visuelle et narrative. Son ambition est de professionnaliser les industries créatives locales.

En 2018, elle fonde la Douala Art Fair, la première foire d’art contemporain de la ville. Ce rendez-vous annuel devient rapidement un lieu incontournable pour la communauté culturelle d’Afrique centrale.

L’année suivante, elle a lancé le Douala Digital Show, une plateforme de marché consacrée aux entreprises du numérique. Les éditions ultérieures témoignent de l’émergence d’un écosystème digital camerounais.

En 2020, elle lance un nouveau forum : le balado Si maman m’avait dit. Dans cet espace, des femmes et des hommes osent aborder des thèmes longtemps tabous : sexualité, famille, santé mentale, héritages culturels.

Le projet s’inscrit dans une démarche globale visant à établir des espaces de dialogue, de transmission et de guérison.

En 2016, Diane Audrey Ngako a été reconnue par Forbes comme l’une des trente personnes les plus influentes de moins de 30 ans sur le continent africain. Elle fait partie de cette nouvelle génération de leaders africains qui croient profondément en l’Afrique et qui s’efforcent de la façonner en mettant l’accent sur la créativité, l’innovation et le partage des idées.

Elle a également cofondé The Okwelians, un think tank engagé en faveur d’un leadership éthique et d’une plus grande implication des femmes dans la vie politique camerounaise.

Une voie qui révèle quelque chose sur le continent

Son parcours raconte une Afrique qui se raconte elle-même.

Elle dépeint une Afrique qui bâtit ses propres estrades, ses propres représentations et ses propres tribunes de débat.

Une Afrique qui ne demande plus la parole : elle la prend, la façonne, la diffuse.

Diane Audrey Ngako appartient à cette catégorie de femmes qui érigent des histoires en édifices et des éclairs de génie en institutions.

C’est peut-être là que se trouve sa puissance : elle ne se contente pas de raconter le changement, elle l’incarne.

« Diane Audrey Ngako : quand une femme ne raconte pas seulement l’Afrique — elle la cadre, la construit et la projette. »

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