Hériter du courage : le Prix Marie Gérin-Lajoie comme point d’ancrage du leadership et de l’engagement de Candide Théard

En 2016, au secondaire, Candide Théard reçoit le Prix Marie‑Gérin‑Lajoie. Pour elle, ce n’est pas une médaille de plus : c’est un déclic. Une validation précoce de ce qui la pousse depuis toujours, la ténacité, le sens du devoir collectif et l’envie urgente de changer les choses. Dans cet entretien avec Nathasha Pemba, elle revient sur ce moment qui a orienté sa trajectoire, son engagement envers l’éducation et la lutte contre les inégalités, et sa volonté de transformer les réalités sociales. Son histoire montre comment un héritage peut devenir un moteur, et comment l’éducation peut, concrètement, ouvrir des brèches dans les injustices.
Photo : Candide Théard - Graduation

Bonjour, Candide, comment allez-vous ?

Je vais bien, merci.

Merci d’avoir accepté cet entretien. J’ai découvert que vous aviez reçu, en 2016, le Prix Marie Gérin-Lajoie à l’école Père-Marquette, une distinction qui prend aujourd’hui une résonance étonnante. Depuis 2019, une perspective académique, notamment à l’Université Laval, remet en lumière l’héritage intellectuel de cette pionnière. Et vous voilà, quelques années plus tard, dans la même université, engagée dans une maîtrise en éducation tout en travaillant comme intervenante sociale à la YWCA Québec. Difficile de ne pas voir un fil rouge.

Que représentait pour vous ce prix, au moment où vous l’avez reçu ?

Recevoir le Prix Marie Gérin-Lajoie à l’école Père-Marquette, en 2016, n’a jamais été pour moi un simple honneur scolaire. C’était une reconnaissance intime, presque fondatrice. On soulignait mon engagement, mais aussi les valeurs qui me portaient déjà : la persévérance, l’attention aux autres, le désir de contribuer à quelque chose de plus grand que moi.

Ce prix avait aussi une résonance symbolique très forte. Marie Gérin-Lajoie a façonné l’histoire du Québec par son implication sociale et son combat pour les droits des femmes. Associer mon nom au sien m’a profondément émue. J’y ai vu un geste de confiance, la preuve que l’on percevait en moi un potentiel, une capacité à agir dans ma communauté.

Après avoir été sacrée lauréate du Prix Marie Gérin-Lajoie en 2016, quel impact cette reconnaissance a-t-elle eu sur votre parcours personnel, scolaire ou professionnel?

À seize ans, être perçue comme une féministe idéaliste n’était pas toujours simple. Cette étiquette faisait partie de moi, mais elle s’accompagnait parfois de jugements ou d’incompréhensions. Le prix est venu apaiser ces tensions. Il a validé mes convictions, m’a rappelé que lutter pour l’équité et la justice sociale n’était ni naïf ni inutile. À un âge où l’on doute de tout, surtout de soi, il a renforcé ma confiance et ma légitimité.

Sur le plan scolaire et professionnel, cette reconnaissance m’a permis d’assumer mes choix. Je voulais devenir enseignante, même si ce métier n’était pas particulièrement valorisé dans mon entourage. Le prix m’a donné la force d’affirmer ce désir sans m’en excuser. Il a donné une cohérence à mon parcours, consolidant mon intention de me diriger vers l’éducation, la transmission et l’engagement social.

Avec le recul, ce prix n’a pas dessiné ma route, mais il m’a offert un point d’appui solide. Il m’a donné l’élan nécessaire pour avancer en restant fidèle à mes valeurs.

Quel a été votre cheminement depuis la fin du secondaire ?

Depuis la fin du secondaire, mon engagement social n’a jamais quitté le premier plan. Il s’est transformé, il s’est affiné, mais il est resté le fil conducteur de mes choix. Je continue de m’impliquer dans des projets et des organismes qui travaillent à la démystification et à l’inclusion sociale.

Sur le plan académique, mon parcours s’est construit par étapes, parfois sinueuses, mais toujours nourrissantes. J’ai d’abord entrepris un DEC en histoire et civilisation, un programme qui me permettait de comprendre les sociétés, leurs tensions, leurs métamorphoses. J’y voyais déjà un lien direct avec mon intérêt pour l’éducation citoyenne.

Puis, à l’université, je me suis tournée vers la psychologie, avant de m’orienter vers l’enseignement au secondaire en univers social et développement interculturel. Je souhaite maintenant poursuivre aux cycles supérieurs en psychopédagogie, dans le domaine des difficultés d’apprentissage et d’adaptation.

Mon parcours n’est pas linéaire, mais il suit une cohérence profonde : accompagner, soutenir, transmettre.

– Candide Théard

En quoi les valeurs de Paul et Marie Gérin-Lajoie ont-elles influencé votre parcours et quels projets souhaitez-vous développer en lien avec cette vision de l’éducation?

Les valeurs portées par Paul et Marie Gérin-Lajoie ont profondément marqué ma manière de concevoir l’éducation. Elles placent l’accessibilité au cœur du développement humain et social. Pour eux, l’école n’était pas seulement un lieu de savoir, mais un espace d’émancipation. Cette vision a façonné mon propre rôle : l’éducation comme levier pour réduire les inégalités, soutenir les trajectoires fragilisées et redonner du pouvoir d’agir.

Certaines réalités sociales me heurtent encore. Au Québec, trois détenus sur quatre n’ont pas de diplôme d’études secondaires lorsqu’ils arrivent en prison. Ce chiffre dit tout : la rupture avec l’école s’est souvent produite bien avant l’incarcération. Les études montrent aussi que les personnes détenues qui participent à un programme éducatif récidivent moins, et que plus elles avancent dans leur scolarité, plus les effets sont positifs. Cela confirme ma conviction : l’éducation peut réellement transformer un parcours.

Comment envisagez-vous la prévention du décrochage scolaire dans votre futur rôle d’enseignante ou d’intervenante?

Le décrochage scolaire, à mes yeux, n’est jamais un simple manque d’effort. Lorsqu’un élève accumule les retards, vit des exclusions répétées ou développe un sentiment d’incompétence, son rapport à l’école se fissure. Il peut finir par croire qu’il n’y a pas sa place. Dans des contextes marqués par la précarité ou l’absence de soutien, cette rupture peut mener vers des conduites à risque. Les travaux en criminologie montrent que le faible niveau de scolarité est un facteur associé à l’incarcération, non pas comme une cause directe, mais comme une accumulation de vulnérabilités.

Quels projets éducatifs souhaitez-vous développer, notamment en milieu carcéral?

Je souhaite y développer des projets éducatifs qui favorisent la reprise scolaire, la réflexion citoyenne et la reconstruction personnelle. Je veux offrir des parcours adaptés, qui redonnent confiance et permettent d’imaginer un avenir différent. Pour moi, c’est incarner la vision des Gérin-Lajoie : une éducation accessible, digne, porteuse de seconde chance.

En parallèle, je veux agir en prévention. Contribuer à des programmes destinés aux élèves à risque de décrochage, valoriser leurs réussites, renforcer leur sentiment de compétence. Intervenir avant la rupture, là où tout peut encore basculer du bon côté.

Qu’il s’agisse de prévention ou de réinsertion, mon engagement reste le même : une éducation humaine, inclusive, capable d’ouvrir des perspectives là où il semblait ne plus y en avoir.

Si l’on vous demandait aujourd’hui ce que la réactualisation de la pensée et de l’héritage de Marie Gérin-Lajoie peut apporter à la société québécoise actuelle, que répondriez-vous?

Une scène de classe, un 8 mars.
Le 8 mars 2024, lors d’un de mes stages, j’ai commencé mon cours de secondaire 4 en soulignant la Journée internationale des droits des femmes. Quelques élèves ont levé la main, presque amusés. Ils ne voyaient pas la pertinence de cette journée. Selon eux, « il n’y a plus d’inégalités entre les genres » dans les pays occidentaux. Certains ajoutaient que les féministes d’aujourd’hui « veulent juste de l’attention » ou « réclament des privilèges ».

Comment avez-vous réagi à ces propos en tant que future enseignante?

À cet instant, j’ai ressenti une immense tristesse. Une classe qui rit, non par méchanceté, mais par méconnaissance. J’aurais pu me fâcher. J’ai choisi autre chose : comprendre. Comprendre d’où venaient ces idées, ce qui les nourrissait, ce qui les amplifiait.

C’est là que mon activité sur le thème « technologies et défis d’avenir » a pris tout son sens. L’Institut national de santé publique du Québec montre que l’exposition des jeunes aux écrans est massive : environ 27 % des élèves du secondaire passent quatre heures ou plus par jour sur les écrans en semaine, et près de 49 % le week-end. On dépasse largement les recommandations qui parlent de moins de deux heures par jour.

Je ne voulais pas moraliser. J’ai tenté de comprendre ce que les gens consomment, ce qui les entoure, et comment cela affecte leurs réflexions. Je leur ai donc demandé d’analyser leur fil d’actualité sur la plateforme qu’ils utilisent le plus : repérer les thèmes dominants, les codes, les émotions sollicitées, les messages répétés.

Qu’avez-vous découvert en observant leurs fils d’actualité?

Le constat a été brutal. Sur 27 élèves, 12 suivaient Andrew Tate. Plusieurs étaient abonnés à des comptes masculinistes ou à des pages ridiculisant le féminisme. D’autres suivaient des créateurs qui simplifient des enjeux complexes et présentent les rapports sociaux comme une guerre : hommes contre femmes, personnes blanches contre personnes racisées, LGBTQ+ contre hétérosexuels.

Ce qui m’a frappée, ce n’est pas seulement le contenu. C’est la mécanique. L’algorithme ne sert pas la réalité : il sert l’engagement. Il pousse ce qui choque, ce qui divise, ce qui indigne. Une loupe qui grossit certaines idées jusqu’à donner l’impression que « tout le monde pense ça ».

Quel rôle joue la désinformation dans cette dynamique?

Depuis que Meta bloque des contenus médiatiques au Canada, plusieurs jeunes ne croisent presque plus de nouvelles issues de médias reconnus. Leur univers numérique est rempli d’opinions, d’extraits, de montages, d’influenceurs qui ressemblent à de l’information sans en respecter les règles. Quand on retire le contexte, on ouvre la porte à la désinformation.

Et l’intelligence artificielle dans tout ça ?

Dans ma classe, tous les élèves m’ont dit utiliser l’IA. Pas quelques-uns : tous.
Je n’ai rien contre l’IA, je l’utilise moi-même. Mais pour plusieurs, elle sert surtout à aller plus vite. On copie une question, on obtient une réponse claire, structurée, convaincante. Le problème n’est pas l’outil : c’est l’absence de recul. Sans vérification, sans compréhension de la source, on renforce ce qu’on croit déjà. Combiné à des algorithmes qui confirment leurs biais, tout se referme. Ils pensent voir « la réalité ». Ils voient une version filtrée, répétée, amplifiée.

Comment interprétez-vous ces constats en tant que future enseignante?

En observant leurs fils d’actualité, j’ai compris que mes élèves ne sont pas mal intentionnés. Ils sont exposés à des contenus polarisants, à des discours simplificateurs, à des coupables faciles. On parle beaucoup d’immigration. On ridiculise les personnes trans. On présente le féminisme comme une menace. Tout devient affrontement.

Je vois aussi une montée de discours plus nationalistes, plus durs. Une pensée en blocs : nous contre eux. Comme si les problèmes sociaux avaient une seule cause et qu’il suffisait d’exclure un groupe pour tout régler. Cette logique fragilise le lien social. Elle nourrit la méfiance. Elle laisse croire que les droits des uns enlèvent quelque chose aux autres.

En quoi l’héritage de Marie Gérin-Lajoie nous aide-t-il à mieux comprendre les inégalités actuelles?

D’abord, son héritage nous oblige à regarder les structures.
Marie Gérin-Lajoie ne réagissait pas à des impressions. Elle lisait les lois. Elle analysait le Code civil. Elle démontrait, preuves à l’appui, comment les femmes étaient maintenues dans une position d’infériorité. Elle ne cherchait pas l’attention : elle cherchait la justice.
Quand des adolescents me disent que l’égalité est acquise, son héritage me rappelle que l’égalité ne se mesure pas au ressenti, mais dans les faits.
Des questions essentielles demeurent :
– Qui possède les richesses?
– Qui occupe les postes décisionnels?
– Qui assume la majorité du travail invisible?
– Qui subit davantage certaines violences?
Ces questions sont inconfortables, mais elles sont nécessaires.

Comment son approche peut-elle guider l’éducation dans un contexte de désinformation?

Marie Gérin-Lajoie me rappelle que l’éducation est un outil politique, au sens noble.
Elle croyait que comprendre les règles permettait de les transformer. Dans un monde saturé de capsules de 30 secondes, son héritage m’invite à ralentir. À apprendre aux élèves à lire un chiffre, contextualiser une statistique, distinguer un fait d’une opinion. Parce que si nous ne faisons pas ce travail, d’autres le feront à notre place, avec d’autres intentions.

Que nous enseigne son parcours face à la montée des discours polarisants?

Enfin, son parcours éclaire la montée du « nous contre eux ».
Elle agissait dans un contexte conservateur, sans rejeter la société dans laquelle elle vivait. Elle travaillait à l’intérieur pour l’élargir. Elle défendait les droits des femmes dans une perspective de bien commun.

Aujourd’hui, alors que certains opposent les droits des femmes à ceux des personnes trans, ou les revendications féministes aux enjeux économiques, son héritage rappelle une vérité simple : élargir les droits ne menace pas la société. Cela la renforce.

Comment résumeriez-vous ce que son héritage vous inspire comme enseignante?

Réactualiser la pensée de Marie Gérin-Lajoie, c’est redonner de la profondeur à des débats devenus trop rapides. C’est rappeler que l’égalité ne se décrète pas parce qu’on en a assez d’en entendre parler. C’est refuser la facilité des boucs émissaires et choisir le travail exigeant de la réflexion. Et si je repense à ce 8 mars, je me dis que son héritage me donne surtout une responsabilité : ne pas laisser les rires flotter dans l’air sans les transformer en discussion.

Pouvez-vous nous parler de vos objectifs des prochains mois ?

Dans les prochains mois, je veux me donner la permission de sortir des sentiers battus. De quitter la théorie pour entrer dans la matière vivante : les rencontres, les imprévus, les défis. J’ai envie d’explorer, de me confronter, de me laisser surprendre par ce que la pratique peut révéler de mes forces et de mes angles morts.

D’ici une semaine, je commencerai un nouveau poste comme intervenante attitrée à la YWCA Québec. Et je ne vous cacherai pas que le syndrome de l’imposteur m’a frôlée. Autour de moi, des collègues formés en criminologie, en travail social, en éducation spécialisée, en délinquance. Je me suis demandé : est-ce que j’ai ma place ici?

Puis j’ai respiré. Je me suis rappelé pourquoi j’avais postulé. Je me suis rappelé mon bénévolat à la YWCA Montréal, en 2017. Les femmes que j’y avais rencontrées. Leur force. Leur façon de redéfinir l’idée même d’émancipation. Je me suis demandé ce que mon parcours en enseignement pouvait apporter dans un milieu d’intervention. Et la réponse est venue doucement : une autre manière d’accompagner, de transmettre, de comprendre.
Alors, mon objectif, dans les prochains mois, n’est pas de prouver quoi que ce soit. Il est d’apprendre. De grandir. De me laisser transformer.

Oser déranger ne signifie pas chercher le conflit. Cela signifie refuser l’indifférence.

– Candide Théard

Vos défis et priorités du moment…

En ce moment, je suis traversée par un besoin de coexistence identitaire. Un besoin de décolonisation intérieure. Je revisite mes couches, je questionne l’origine de mes idées, de mes réflexes, de mes convictions. Je me tiens dans cette tension entre ce que je suis et ce que je crois devoir être.

C’est une vallée. Une vallée nécessaire. Une vallée qui oblige à marcher lentement, à écouter ce qui remonte, à accepter que l’identité ne soit pas un bloc fixe, mais un territoire mouvant.

Une phrase qui vous définit aujourd’hui…

« S’il n’y a pas de lutte, il n’y a pas de progrès. »
Cette phrase de Frederick Douglass me suit comme une respiration. Douglass, qui a connu l’esclavage avant de devenir l’une des voix les plus puissantes contre lui, utilisait les mots comme des armes pour défendre la dignité humaine. Quand je pense à lui, je comprends que la lutte n’est pas forcément un affrontement. Elle peut être un engagement, une fidélité à ses valeurs, une tension intérieure qui pousse à grandir.

Si cette phrase me définit aujourd’hui, c’est parce qu’elle dit ceci : je suis solidaire des luttes qui cherchent la dignité et la liberté. Je sais que nos combats sont liés. Et je sais que la lutte peut être douce, patiente, tenace, une manière de rester debout.

Quel encouragement adresseriez-vous aux jeunes qui osent s’impliquer pour changer les choses?

Aux élèves qui s’impliquent, qui veulent changer quelque chose autour d’eux, je dirais : osez déranger. Votre voix compte déjà. Le monde avance grâce aux curieux, aux révoltés, à celles et ceux qui refusent l’indifférence. L’impact ne se mesure pas toujours dans le bruit ou les projecteurs. Il se construit dans des gestes simples, répétés, constants, qui finissent par transformer un milieu.

Je leur dirais aussi de protéger leur élan. Le changement dérange, et il peut susciter des résistances. Certaines personnes réagissent avec dureté parce qu’elles se sentent bousculées. Parfois, la violence, verbale ou symbolique, sert à faire taire celles et ceux qui questionnent.
C’est pour cela qu’il faut rester solides. S’entourer d’alliés. Ne pas laisser la peur étouffer la conviction.

Merci Candide !

Merci à toi .

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