La Nuit de Hallnaut Engouang : un roman de la perversion sociale

Le choix du titre La Nuit est hautement symbolique. Plus qu’un simple décor, elle devient un espace moralement obscur, où se nouent les drames et se scellent les pactes. C’est la nuit des actes inavouables, du secret et du sacrifice. Chez Engouang, elle prend une dimension presque mythique, enveloppant les personnages d’un voile d’opacité et de vertige.

La corruption morale : quand le succès a un prix

Le mirage de l’ascension

De la misère à la monstruosité

Thèmes majeurs : société brisée, corps marchandisé, famille détruite

La misère comme matrice du mal

L’auteur dépeint une pauvreté non seulement économique, mais aussi mentale et morale. Elle ronge la dignité et pousse aux pires renoncements. La réussite y devient suspecte, liée à des pratiques occultes où l’innocence est monnayée.

Corps sacrifiés, âmes vendues

L’univers du roman est traversé par des allusions aux crimes rituels, pratiques occultes où l’être humain, souvent enfant, marginal, vulnérable, est réduit à l’état de marchandise. Le roman interroge sans complaisance une réalité souvent tues dans certaines sociétés africaines contemporaines.

Familles éclatées, enfances brisées

« La vie ne crée pas de démons. Elle fait naître des anges que la société s’évertue à élever ou à étouffer. »

Le mal n’est pas inné, mais socialement construit. La cellule familiale, quand elle éclate, laisse le champ libre à toutes les dérives.

Une écriture dense, sensorielle, suggestive

Une portée politique et sociétale

Critique des élites et du pouvoir occulte

Une réification organisée des corps

Les corps, féminins, mineurs, marginaux, deviennent des instruments : de pouvoir, de richesse, de domination. Le récit, sous couvert de fiction, agit comme un réquisitoire contre une société qui sacrifie les plus faibles sur l’autel de la réussite.

une œuvre lucide, un cri de l’ombre

La Nuit n’est pas simplement un roman noir : c’est une plongée dans les abîmes d’une société malade, où la misère ouvre la voie au sacrifice, et la réussite dissimule des crimes. Hallnaut Engouang signe une œuvre brutale, nécessaire, qui nous renvoie à cette vérité :

2 commentaires

  1. Merci Nathasha pour la profonde lecture de ce texte que je découvre seulement. Tu as ressorti avec adresse et finesse les contours de cette nuit de tous les jours. Je t’en remercie.

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *

Vous aimeriez lire également:

«Je n’irai pas à la guerre», de Patrick Hénault

Que feriez-vous si l’on vous demandait d’aller à la guerre ? Refuseriez-vous, comme Roland, ou vous laisseriez-vous emporter par le cours de la vie, comme Vincent ? Patrick Hénault explore ces choix intimes dans un roman où le courage se mesure autant dans l’action que dans le silence

Lire plus

« L’expérience Milena » de Danielle Dussault : Une exploration sensible de l’univers de Kafka et de Milena Jesenská

Danielle Dussault, écrivaine, enseignante de littérature et figure marquante du paysage littéraire québécois, nous présente ici son premier essai-fiction. Elle y explore avec passion l’univers de Kafka, notamment à travers l’expérience vécue par Milena, mais aussi à travers la sienne. Deux femmes, deux époques, se rencontrent pour offrir au lecteur une expérience littéraire d’une grande intensité, marquée par la vérité, l’intimité, la pureté et l’élégance.

Lire plus

« Les filles comme nous » de Daphné Palasi Andrades

Daphné Palasi Andreades est une autrice américaine d’origine philippine, diplômée en écriture créative de l’Université Columbia. Dans son premier roman, elle explore les vies de jeunes femmes à la peau brune, comme elle, qui ont grandi dans le Queens, un quartier populaire de New York.

Lire plus

« Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant : Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »

Publicité

un Cabinet de conseil juridique et fiscal basé à Ouagadougou au Burkina Faso

Devis gratuit