Littératures

Erri de Luca : l’écriture comme acte de résistance

De l’opulence napolitaine à la pauvreté de Montedidio, des usines Fiat aux sommets alpins, de la militance révolutionnaire à la méditation biblique : la trajectoire d’Erri de Luca dessine l’itinéraire singulier d’un écrivain qui aura refusé toute séparation entre littérature et engagement, entre contemplation et action. Né en 1950 à Naples, cet ancien ouvrier devenu l’une des voix les plus respectées de la littérature européenne contemporaine incarne une conception de l’écriture comme nécessité vitale, pratiquée aux marges du temps, entre deux journées de labeur ou deux ascensions en montagne.

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Chantal Thomas : l’écriture comme archipel de mémoire

Dixième femme à intégrer l’Académie française en 2021, Chantal Thomas incarne une trajectoire singulière dans le paysage intellectuel français. Entre érudition dix-huitiémiste et écriture autobiographique, entre rigueur universitaire et liberté créatrice, cette spécialiste de Marie-Antoinette a su transformer ses souvenirs personnels en matière littéraire universelle. De l’Arcachon de son enfance aux campus américains, de la cour de Versailles aux cafés de New York, son œuvre dessine la cartographie sensible d’une mémoire en perpétuel mouvement.

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La fatigue de la haine – Daniel Guénette : l’élégie d’un monde en sursis

Dans La fatigue de la haine, Daniel Guénette explore cette zone crépusculaire où la beauté du monde côtoie sa destruction annoncée. Entre célébration fragile et désarroi lucide, ce recueil poétique interroge notre époque avec la délicatesse d’un observateur qui refuse autant la complaisance que le désespoir. À l’heure où les idéaux s’effritent et où les consciences semblent engourdies, le poète propose une méditation élégiaque sur ce qui demeure encore à sauver de l’émerveillement.

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« Une enfance de sable » – Liliane Blanc : la mémoire coloniale à hauteur d’enfant

Dans l’oasis d’Ouargla, au crépuscule de l’Algérie française, une petite fille de cinq ans découvre le monde. Une enfance de sable de Liliane Blanc, publié aux Éditions de la Grenouillère, nous plonge dans cette Algérie de la fin des années 1940, à travers le regard de Millie qui suit son père militaire et sa mère espagnole dans ce territoire aux équilibres fragiles. Entre récit d’apprentissage et témoignage historique, ce roman interroge notre rapport à la mémoire coloniale avec une délicatesse rare.

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«Prière de ne pas abuser» – Patrick C. Goujon : quand la mémoire du corps révèle la vérité enfouie

Il aura fallu des décennies de douleurs inexpliquées, de crises somatiques et de malaises diffus pour que Patrick C. Goujon comprenne enfin ce que son corps tentait de lui dire. Dans Prière de ne pas abuser, le jésuite et théologien livre un récit d’une rare pudeur sur la résurgence d’un trauma d’enfance – l’agression sexuelle subie de la part d’un prêtre. Entre mémoire fragmentée et reconstruction identitaire, entre foi ébranlée et parole retrouvée, ce livre bouleversant interroge nos silences et nos dénis avec une lucidité implacable.

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Une poétique du vertige : lecture critique de « Trop d’enfants sur la Terre » de Paul Chanel Malenfant

Il arrive que la poésie n’adoucisse rien. Qu’elle creuse au contraire, avec une précision d’orfèvre, les entailles de l’enfance, les failles du langage et les silences de l’Histoire. Dans Trop d’enfants sur la Terre, Paul Chanel Malenfant ne cherche ni la consolation ni l’absolution. Il orchestre plutôt un chant grave et sensuel, hanté par la mémoire et traversé de voix — celles des enfants disparus, des poètes aimés, des douleurs tues. Ce recueil, à la fois intime et érudit, tisse une constellation d’échos pour dire ce que vivre coûte, et ce que la beauté sauve.

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« La ligne brisée » de Nicole Richard : Écrire l’émancipation sur les failles de la mémoire

Avec une écriture limpide et évocatrice, Nicole Richard poursuit le récit initié dans L’étincelle en redonnant la parole à Eugénie, figure lucide d’une jeunesse confrontée aux limites sociales et affectives. La ligne brisée n’est pas un simple roman d’apprentissage : c’est un texte de résistance, une mise en récit des déchirures générationnelles, un voyage littéraire entre l’exil intérieur et l’errance géographique.

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« Les entrailles – Objets dramatiques » de Claude Gauvreau

Les entrailles – Objets dramatiques est bien plus qu’un simple recueil de textes : c’est une résurrection. Pensé de longue date par Claude Gauvreau, figure emblématique de l’avant-garde québécoise et pionnier de l’automatisme, cet ouvrage n’avait jamais vu le jour tel qu’il l’avait imaginé. Ce n’est qu’en 2023, grâce au travail rigoureux de Thierry Bissonnette, écrivain et chercheur passionné de l’œuvre gauvréenne, que le projet original a pu enfin se matérialiser.

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Danser sur les ruines du silence : mémoire, filiation et création dans «L’histoire d’Anne a tempera» de Fabienne Roques

«L’histoire d’Anne a tempera» de Fabienne Roques se présente comme un objet littéraire hybride et performatif. Mêlant texte, peinture, photo, danse et mémoire, ce livre-événement explore le destin d’une femme française vivant en Algérie pendant la Seconde Guerre mondiale. À travers une narration éclatée, sensorielle et résolument poétique, Roques livre une enquête intime sur le refoulé familial, sur les effets délétères de l’histoire coloniale, et sur l’art comme forme d’exhumation du silence.

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« Hors de soi » : un recueil sur l’exil intérieur et social

Le recueil Hors de soi rassemble sept nouvelles écrites par des auteur.e.s aux horizons divers. Il s’agit d’un collectif littéraire profondément ancré dans les réalités contemporaines, mais aussi traversé par des dimensions rêvées, dystopiques ou symboliques. Chaque nouvelle explore un déplacement : géographique, identitaire, culturel ou psychique. Le titre lui-même, Hors de soi, annonce un double mouvement : sortir de soi-même (dépasser ses propres limites) mais aussi être mis hors de soi par les violences du monde, les exclusions, ou les ruptures familiales et sociales.

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« Si on me presse de dire pourquoi je l'aimais, je sens que cela ne peut s'exprimer qu'en répondant : Parce que c'était lui, parce que c'était moi. »

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