Dans la lumière encore fraiche du mois de mars, alors que la Journée internationale des droits des femmes rappelle au monde les combats qui persistent, une figure émergente se détache à Québec, comme une présence douce et déterminée. Marielle M’Bangha se faufile sans bruit, mais son pas laisse une empreinte profonde : celle d’un leadership qui ne recherche pas les projecteurs ni les estrades, mais qui transforme la vie des femmes grâce à des rencontres, à des gestes et à des espaces de confiance.
Son aventure commence dans les fissures du déracinement, un endroit où l’on apprend à se reconstruire tout en découvrant une nouvelle terre. Marielle a vécu l’isolement, les malentendus culturels et les portes qui s’ouvrent lentement. C’est de cette expérience personnelle qu’elle a tiré une inspiration : si elle avait ressenti cette peur, d’autres femmes la ressentaient probablement aussi, souvent seules, souvent dans le silence, alors qu’elles portaient la vie en elles. Alors, elle a décidé de tendre la main, non pas comme une héroïne, mais comme une sœur qui reconnaît les chemins escarpés.
C’est ainsi que le Service de référence en périnatalité pour les femmes immigrantes de Québec a vu le jour, un endroit pensé comme un refuge, un phare, un souffle. Marielle a infusé une manière unique d’accompagnement : une écoute sans jugement, une compréhension transcendant les barrières linguistiques, une présence apaisante. Elle est consciente que la périnatalité ne se limite pas à des questions de santé, mais qu’elle est un terrain où se jouent la dignité, la sécurité et le sentiment d’appartenance. Elle sait également que les femmes immigrantes transportent souvent des récits qui échappent au système ou qui ne sont pas en mesure de les accueillir adéquatement.
Son engagement va au-delà des murs de l’organisme. Marielle parle, écrit, enseigne et témoigne. Elle lance des discussions sur les préjugés qui s’infiltrent dans les soins, sur les angles morts des institutions et sur les réalités des femmes racisées, souvent ignorées. Sa voix ne condamne pas : elle éclaire, connecte et incite à s’améliorer. Elle rappelle qu’on ne peut pas simplement dire qu’on est pour l’équité : c’est une pratique quotidienne, un choix répété, une responsabilité partagée.

Les éloges qu’elle reçoit ne sont rien d’autre que la manifestation de la reconnaissance de ce que de nombreuses femmes ont déjà compris : son travail transforme des vies. Le prix qu’elle a reçu lors de la Décennie internationale des personnes d’ascendance africaine n’est pas seulement une forme de reconnaissance, mais aussi un message adressé à toute une communauté : ce qu’elle crée est précieux et significatif. Marielle est à l’origine de la Journée internationale de la femme africaine de Québec. C’est une occasion où les voix longtemps étouffées peuvent enfin s’exprimer, célébrer et se raconter.
Le leadership évolue et se manifeste sous une nouvelle forme, dénuée de hiérarchie et d’autorité. Il se compose de tendresse, de clarté, de courage. Ce sont des mains qui offrent leur soutien, des regards qui témoignent de la reconnaissance, des passerelles qui s’élèvent entre des univers qui se rencontrent sans toujours se comprendre. Marielle personnifie un type de leadership qui vise à édifier plutôt qu’à soumettre. Il s’agit d’un leadership qui ne s’appuie pas sur l’autorité, mais qui fédère. C’est un leadership qui ne se préoccupe pas de la puissance, mais de la capacité d’action.
En cette Journée internationale des femmes, le parcours de Marielle M’Bangha nous rappelle que les transformations les plus profondes et durables émergent souvent dans les marges. Elles prennent leur source dans des gestes discrets, dans des solidarités tissées patiemment. Marielle M’Bangha ne se contente pas d’accompagner des femmes ; elle élargit leurs horizons, leur insuffle un nouvel élan et ranime leur confiance. Elle démontre que l’autonomisation n’est pas un concept théorique, mais une étincelle de vie qui réapparaît dans les yeux de celles qui retrouvent leur place, leur voix et leur puissance.
Peut-être que c’est cela, en réalité, la plus belle manière de décrire son impact : elle transforme chaque femme en un lieu de renouveau.
Sara Balogun




