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« Hors de soi » : un recueil sur l’exil intérieur et social

Ce recueil, à l’instar de plusieurs autres reçus entre 2023 et 2024, m’a invitée à une halte singulière. En le parcourant, je me suis arrêtée sur le texte de Sara, dont les mots résonnent avec une quête qui m’habite depuis quelque temps : celle de l’itinérance des femmes. Sa voix me touche doublement, à la fois comme intervenante sociale, attentive aux fragilités rencontrées, et comme chercheure, lectrice et philosophe en quête de sens.

À Saint-Roch, il nous arrive de croiser ces présences qui dérangent, qui surprennent, qui bouleversent, sans toujours parvenir à comprendre la traversée qu’elles portent en elles. Trop souvent, nous les enfermons dans des catégories étroites, réduisant la souffrance psychique à une appartenance quasi fatale, comme si certaines vies étaient vouées à la marge. Le texte de Sara, au contraire, m’a saisi à la gorge tout en me tendant la main, comme une invitation à voir autrement.

Et la Basse-Ville de Québec, avec ses remparts qui veillent et son fleuve qui s’écoule, apparaît alors non seulement comme un lieu historique, mais aussi comme une métaphore : espace de vie et de passage, lieu de purification toujours recommencée.

Focus sur Basse-Ville de Sara Lazzaroni

L’abandon systémique : du trauma individuel à la critique sociale

Une relation paradoxale avec la rue : refuge et trahison

L’interculturalité et la justice sociale

L’identité et le déracinement

L’intersection des oppressions

Questionnement existentiel

Où finit l’identité ?
Peut-être là où commence l’autre.

Comment se relever quand tout s’effondre ?
Dans les débris, parfois, une étincelle demeure.

Dans Basse-Ville, l’itinérante marche nue d’existence.
Déchue de droits. Dépouillée de nom.
Réduite à survivre.

Un texte qui me rappelle John Rawls et Amartya Sen

Le recueil : style et narration

Malgré la rudesse du propos, la plume de Lazzaroni demeure fine, sobre, parfois ironique. Elle refuse l’écueil de la sensiblerie : l’émotion naît de la justesse du regard, de la densité des images, du silence laissé entre les mots. Ce réalisme habité d’un lyrisme discret ouvre une distance réflexive, invitant à l’introspection.

La postface de Mattia Scarpulla

Le mot de la fin…

Basse-Ville, en particulier, se distingue par sa justesse, sa sobriété et sa puissance sociale. Elle résonne comme un cri silencieux au cœur de la ville, une gifle douce, un cri muet, un miroir de notre responsabilité collective. La nouvelle fait entendre la voix de celles et ceux que nos systèmes oublient ou écrasent, tout en nous renvoyant à nos propres fragilités, à nos angles morts, à notre humanité.

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