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« Fermer les yeux ne suffit pas » : la mémoire douloureuse comme voie de reconstruction

Un héritage familial marqué par la violence et l’échec de la filiation

Le refoulement comme mécanisme de survie… et d’aliénation

Le titre même du roman, Fermer les yeux ne suffit pas, suggère l’impossibilité de fuir indéfiniment. Le narrateur l’a pourtant tenté, toute sa vie : « Fuir, c’est ce que je sais faire de mieux. Penser à autre chose, regarder ailleurs. »


Cette fuite est un mécanisme de défense psychique, mis en place pour survivre à la violence quotidienne. Fermer les yeux, c’est espérer que la douleur s’éteindra, que les larmes ne couleront pas. Le narrateur a appris à « tout retourner à l’intérieur », à se blinder émotionnellement, dans une posture de stoïcisme hérité du père :

« Pour être un fils digne de lui, j’ai évité de m’apitoyer. »

Mais ce refoulement n’est pas tenable. La mort du père agit comme un événement catalyseur : en vidant la maison, en touchant les objets, en respirant les odeurs du passé, le narrateur revit malgré lui les scènes enfouies, les terreurs d’enfance, les rares moments de tendresse. Chaque objet du garage devient support de mémoire involontaire, tel le célèbre épisode de la madeleine chez Proust. Ici, ce sont une moto, un couteau, une télévision, un aquarium, qui fonctionnent comme des métonymies du passé, déclenchant un travail de remémoration.

Ainsi, Fermer les yeux ne suffit pas montre que le déni du passé ne protège pas, mais alourdit, et que seul un retour vers la douleur permet de briser le cycle du silence.

Une reconstruction fragile à travers le récit de soi

IN FINE

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